DIALOGUE DE SOURDS
Le physicien. - Que trouvez-vous à redire à cette proposition d'Einstein dans un article de 1940, Les fondements de la physique théorique: "Les expériences sensibles forment la matière qui nous est donnée; mais la théorie qui doit les interpréter est faite par l'homme. Elle est le résultat d'un processus d'adaptation extrêmement laborieux: hypothétique, jamais complètement achevée, toujours sujette à la controverse et au doute." ?
N'Guo. - Simplement que la proposition "les expériences sensibles forment la matière qui nous est donnée" est tout autant théorique et humaine que l'expression qui la suit.
Le physicien. - Mais vous ne pouvez nier que le chat existe bel et bien; que vous le voyez, le touchez, le sentez, etc.
N'Guo. - Vous ne pouvez nier que le concept d'existence est un concept humain.
Le physicien. - Mais qu'en savez-vous? Comment pouvez-vous affirmer que le chat n'utilise pas quelque chose comme un concept d'existence.
N'Guo. - Comment pouvez-vous le savoir?
Le physicien. - Peut-être qu'un jour nous parviendrons à communiquer avec les chats pour le savoir.
N'Guo. - Je vous donne donc rendez-vous à ce moment-là qui sera certainement un grand événement de l'histoire des sciences.
Jacques Jaffelin
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considérations intempestives
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